Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 11:17
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Comment entre-t-on dans une ère totalitaire ?

Il y a sûrement plusieurs façons de faire. Mais j’en conçois une assez simple. La peur associée à des mesures générales suite à des cas particuliers.

Un minimum d’explications :

Les gens seront majoritairement d’accord pour s’opposer à la violence conjugale. Les femmes battues sont un bon sujet d’indignation, à juste titre. A partir de cet accord général, il s’agit pour Monsieur Fillon de faire passer la pilule d’un bracelet électronique pour les maris coupables. On oublie rapidement qu’il y a encore quelques années, l’idée même d’un bracelet électronique nous aurait fait bondir. Et la dérive est facile. Car pour certains cas de violence conjugale réelle, il y en a d’autres qui seront inventés ou ne serait-ce que exagérés par une épouse déçue ou une famille revancharde. Alors en plus d’une condamnation parfois imméritée, l’obligation de porter le bracelet électronique finira de détruire le mari perdant (n’y voyez aucun sexisme de ma part, dans l’autre sens ce serait la même chose. Mais il semble qu’il y ait plus de femmes battues que de maris battus).

La loi sur la rétention de sureté. Née du désir de ne pas voir des criminels récidiver dans leur comportement ? Peut-être pour certains. Mais surtout née d’une loi similaire à laquelle l’ex député UMP, supporter acharné de cette loi, Georges Fenech, a fait référence : la loi allemande "Sicherungsverwahrung" signée et promulguée par Adolphe Hitler en 1933. Une loi qui permet de garder quelqu’un en prison même s’il a fait sa peine. Qui décidera ? Un comité de psychiatres ? La porte est ouverte à toutes les dérives, toutes les erreurs, et surtout à toutes les pressions arbitraires.

Même chose avec la castration chimique pour les violeurs. Qui peut éprouver de la compassion pour un violeur ? Donc, commençons par eux. Si un comité « d’experts » le décide, un violeur peut être forcé d’être castré chimiquement ou bien gardé en prison au delà de sa peine s’il refuse le « traitement ». La justification de cette aberration : de TRES rares cas de récidive pour lesquels d’ailleurs il y avait eu un traitement psychiatrique pendant la détention. Mais Monsieur Fenech (encore lui) nous rassure : « On ne soigne pas quelqu’un contre sa volonté, par contre on peut l’y contraindre » (France Info le 17 novembre à 17h15). Georges Fenech est aussi l’homme de la castration chimique, qui à partir de 3 cas de récidives élabore des plans généraux concernant les récidivistes (carte des délinquants sexuels, bracelet électronique, obligation de "soins", etc.), surfant ainsi sur la vague de la peur.

Le danger, ce n’est pas pour Francis Evrard, dont l’avenir m’indiffère assez, mais pour le précédent créé. Pour le fait qu’aujourd’hui, on peut « contraindre » quelqu’un aux « soins ». Pour le fait que demain, on pourra étendre cela aux opposants, à ceux dont on veut se débarrasser. Pour le fait qu’une personne condamnée pour un délit, même après avoir fait sa peine et payé sa dette à la société, devra peut-être porter un bracelet électronique, parce que la pratique sera rentrée dans les mœurs. Pour le fait que l’évaluation de la dangerosité ne fait pas partie de nos principes républicains. A qui cela pourra-t-il être confié ? Personne n’en a la compétence. Les experts psychiatres se trompent 9 fois sur 10. Faisant relaxer de dangereux criminels et enfermant parfois des gens normaux.

Autre manière de créer des lois générales à partir de cas particuliers. Les mensonges sur les chiffres. Je reprends l’exemple de Georges Fenech lors de son interview sur France inter. Il répond que 20% des condamnations seraient d’ordre sexuel lorsque le journaliste lui demande comment il peut s’appuyer sur seulement trois cas pour généraliser comme il le fait dans son livre. Puis il déclare qu’il y a eu 467 délits d’ordre sexuel dans l’année, dont 23 viols. Hallucinant. Faites le calcul... En 2006 il y a eu plus de 120 000 condamnations rien que pour conduite en état d’ivresse, dont 55 000 qui ont donné lieu à des peines d’emprisonnement (annuaire statistique de la justice). Son pourcentage est complétement bidon et il prend les auditeurs pour des imbéciles. Mais cela créé une bonne petite peur qui permet de laisser passer sans sourciller des mesures à la limite de la constitution.

De nombreuses lois répressives passent de cette manière, en jouant sur la peur des gens, en surfant sur de faux chiffres, en médiatisant un fait isolé à outrance, en excluant totalement la vraie source des problèmes qu’elles sont censées résoudre, en partant de l’exception pour imposer la règle, souvent inadaptée à la réelle situation, et plus dangereuse que salvatrice.

Il ne s’agit pas d’être contre la loi. Il s’agit de refuser des lois basées sur de faux chiffres, de fausses analyses, de fausses peurs, destinées à réduire les libertés individuelles, et d’exiger de réelles lois bénéfiques, respectueuses de nos principes fondamentaux et qui permettent de résoudre les difficultés sans nous amener vers un totalitarisme répressif déjà connu.
 
Par Roseau - Publié dans : Totalitarisme - Communauté : Pour un monde meilleur
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 00:19
Et si tout cela n'était qu'une grosse arnaque ? Un panneau dans lequel il fait bon plonger ? Un leurre auquel il est de bon ton de s'accrocher ? Un appât vers le politiquement correct précurseur de la pensée unique ?

Qui est le gentil député qui nous propose gentiment d'interdire la burqa dans l'hexagone ? Jacques Myard, député UMP des Yvelines, qui se vante allègrement d'être le premier à en avoir fait la demande.

Myard, c'est notre député UMP favori, celui qui est le fervent partisan du rétablissement de la peine de mort, celui qui voulait une intervention militaire contre Israël, celui qui voudrait bien nous débarrasser des gens du voyage parce qu'ils font tache dans son paysage...

Quel est le prétexte ? La dignité humaine ! Rien que ça. Car la burqa serait contraire à la dignité humaine en empêchant les hommes de voir les visages des femmes. Peu importe que ces femmes musulmanes aient librement choisi de la porter. En ce cas, qu'importe leur libre arbitre, puisque lorsqu'on ne pense pas droit (comprendre : comme Jacques Myard et ses amis), c'est qu'on a du perdre son libre arbitre en route, et qu'on devrait être mis sous la tutelle de l'état.

L'année d'avant, à la place de la dignité humaine, Jacques Myard soutenait que c'était un problème de sécurité. Mais il le dit lui-même dans une interview, il est obligé de choisir son angle d'attaque pour éviter de rentrer sur le terrain religieux. Un peu de démagogie hypocrite.

Car Myard ne s'en est pas toujours éloigné, du terrain religieux. Il a à plusieurs reprises expliqué que le Coran et l'islam ne sont pas compatibles avec la France. Quant à la femme musulmane voilée, après l'avoir comparée à une prostituée, il lui a attribué un mari barbu bien particulier : « Pour ces gens, la femme n’est qu’un instrument de jouissance. L’islamiste est un jouisseur fini! Et il laboure ses femmes comme il veut…» (source top chrétiens)

Mais Myard, quoi qu'opposé aux religions, a quand même ses chouchous. Il confère aux chrétiens un rang un peu au dessus :  "Dans la Bible, il y a une dynamique du progrès ! Il y a une évolution, et cela n’existe pas dans le Coran."

Bref, si la république ne reconnaît aucune religion et protège la liberté de culte, Myard reconnaît la bible et méconnaît la liberté de lui substituer le Coran.

A ceux qui y voient un petit coté inquisition, pas d'erreur, il s'en réclame ouvertement :
"Il y a une sorte de victimisation qui s’érige sur une base identitaire ou religieuse. Et c’est purement inacceptable! La République, ni la royauté, n’a reconnu la loi personnelle. L’affaire des Cathares, c’est ça. L’affaire des Albigeois, c’est ça. L’affaire des Protestants cévenols, c’est en partie cela également. Pour moi, c’est niet. En France, il n’y a qu’une loi, celle de la République."

Comme nous n'avons plus de cathares à massacrer, un petit massacre de salafistes ferait l'affaire.

Salafistes... ah oui, mais d'après ce qu'on entend, c'est une secte ? Je suis à peu près certain que 99% des gens qui emploient le mot salafiste dernièrement ne savent absolument pas ce qu'il signifie. Myard compris. Car pour comprendre un courant de pensée à l'intérieur d'une religion, cela demande de s'intéresser un minimum à cette religion. Et le salafisme n'est pas l'intégrisme...

Quant à la burqa ? Pour vous dire la vérité, je m'en tape de la burqa. Mais je tiens à quelques libertés. Celle de pouvoir ne pas être politiquement, philosophiquement ou religieusement correct lorsque je pense différemment. Celle de pouvoir pratiquer la religion de mon choix sans qu'on me mette sous tutelle parce que je suis un "déviant" de la pensée unique. Celle de pouvoir défendre les droits des autres à faire de même, quand bien même je ne suis pas d'accord avec eux.

Et peut-être le droit de porter la burqa si ça me chante !
Par Roseau - Publié dans : Politique - Communauté : Pour un monde meilleur
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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /Mai /2009 01:22
La fièvre porcine menace le monde.

Une vingtaine de morts recensés en 1 semaine d'épidémie. La grippe standard (dite saisonnière) fait entre 250 000 et 500 000 morts par an.

En France 2 cas avérés. Mais Roselyne Bachelot a annoncé que plusieurs dizaines de millions de pilules antivirales étaient prêtes pour l'hexagone.

Cela ressemble bien à une énorme arnaque internationale. Une grande peur envahit la planète. Relayée par les medias du monde entier. Relayée ? euh plutôt assénée, répétée, en boucle... La demande est créée. On va pouvoir écouler les stocks.

Et qui fait le profit ? Les labos. Et je n'ai aucun doute sur les accointances des gentils dirigeants de l'OMS avec l'industrie pharmaceutique.

Les Etats-Unis ont annoncé l'achat de 13 millions de traitements antiviraux pour reconstituer les stocks stratégiques et en distribuer 400.000 au Mexique.

Etc, etc.

Je m'en vais avaler quelques vitamines, histoire de pas attrapper la grippe saisonnière, qui reste quand même encore la plus dangereuse statistiquement. Et au moins, mes vitamines, elles n'enrichissent pas les labos pharmaceutiques.
Par Roseau - Publié dans : Nutrition - Communauté : Pour un monde meilleur
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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /Avr /2009 00:20
Le 11 mars 2009, alors que Yvan Colonna venait de quitter son procès, un de ses avocats, Patrick Maisonneuve rencontrait l'avocat de l'Etat (partie civile), Maitre Chabert, sur le plateau de Karl Zéro :

Par Roseau - Publié dans : Justice - Communauté : Le coin des libres penseurs
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 00:50
Attention braves gens, je vais prendre la défense du Président.

Pour illustrer mon propos, je vais partir de "l'incident Zapatero". Le journal Libération annonce fièrement que le Président aurait déclaré semi-publiquement, lors d'une réunion avec des parlementaires, que Zapatero était un idiot (en substance, je schématise). Il aurait aussi critiqué Obama et Angela Merkel lors de la même réunion.

Avant-même d'envisager la véracité du propos, c'est l'intention journalistique qui est derrière qui me dérange. Car ce que je vois clairement, c'est que le journaliste en question cherche à créer une polémique et compte bien engendrer un petit incident diplomatique entre l'Espagne et la France. Et personne n'y gagne. Celui qui a des intentions véritablement bonnes ne cherche jamais à semer la discorde entre les peuples. C'est ce que je crois.

Ensuite, et il n'est pas question de savoir ici si l'on aime ou pas Sarkozy, il semble que ces propos n'aient pas été tenus, ou tout au moins aient été sortis de leur contexte et déformés pour permettre audit journal de faire son beurre.

Président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, le socialiste Didier Migaud assure que "jamais le président de la République n'a dit que Zapatero n'était pas intelligent".

"Pour moi, il n'y a pas d'ambigüité sur le sens de cette phrase: c'était de l'ironie visant les socialistes français" a déclaré le député vert François de Rugy en parlant des propos du Chef de l'Etat sur son homologue Espagnol.

"Est-ce que le président a lancé des piques envers les uns et les autres? C'est assez son esprit. L'ambiance était détendue et studieuse, mais il n'y avait là rien de malicieux. Si les propos rapportés sont vrais, ils sont sortis de leur contexte et, quoi qu'il en soit, la polémique est de l'ordre de la surinterprétation." a déclaré le députe UMP Hervé Mariton, qui pourtant n'hésite jamais à critiquer Sarkozy.

Jean-Pierre Brard, apparenté communiste, a lui plutôt été attisé le feu dans la presse étrangère.

Bref, il semble évident que ces propos n'ont pas la portée qu'on a voulu leur donner, et créer un incident diplomatique pour cela relève de la malveillance pure et simple.

Comme pour Ségolène Royal de présenter ses excuses au Président Espagnol... Un acte d'un opportunisme qui me fait froid dans le dos.

Encore une fois, il ne s'agit pas de dire qu'on est de droite, ou de gauche. Il ne s'agit pas pour moi de dire que je soutiens la politique du Président. J'ai personnellement beaucoup de reproches à lui faire. Mais il s'agit de rester dans le cadre d'un débat intelligent sur le fond. Et d'arrêter cette attitude qui consiste à tirer à boulets rouges sur Sarkozy dès qu'il bouge le petit doigt, dès qu'il ouvre la bouche.

Il s'en fout peut-être. Mais moi non. Il est le Président de mon pays, et même si je pensais qu'il est un con, je conserverais le respect du à la fonction. Dire haut et fort qu'on s'oppose à sa politique sur tel ou tel point, et s'indigner de telle initiative quand il y a de quoi. Aucun problème.

Mais faire feu de tout bois pour attiser un climat de peur, de haine et de discorde, non.

Je sais que mes propos vont en énerver plus d'un. Surtout si cet article de mon blog est publié sur Agoravox... Mais je vous demande de bien les relire. Vous êtes un ennemi juré de Sarkozy ? Soit. Mais gardez le respect et l'intelligence de votre coté. Et ne sombrons pas dans la critique à outrance.

Et n'oublions pas que finalement, nous devons tous vivre ensemble sur la même boule. Français, espagnols, de droite et de gauche. Et même avec les cons. Mais il ne faut pas oublier que pour le con, c'est toujours l'autre qui l'est.


Par Roseau - Publié dans : Politique - Communauté : Le coin des libres penseurs
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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 23:05
Du 2 octobre 2009 au 2 janvier 2010, des hommes et des femmes marcheront tout autour du globe pour manifester leur volonté de voir disparaître les guerres de la surface de la planète. Le 2 octobre, c'est l'anniversaire de la naissance de Gandhi, journée déclarée "journée de la non-violence" par l'ONU.

La marche traversera 90 pays, et en novembre elle sera en France. Nous pourrons donc y participer fièrement. Elle ira de Wellington en Nouvelle Zélande à Punta de Vacas en Argentine, dans la Cordillère des Andes.

La marche est déjà soutenue par de nombreuses personnalités internationales : Révérend Desmond Tutu, Noam Chomsky, le Dalaï Lama, Lou Reed, Daniel Barenboïm, Monseigneur Gaillot, Noa, Alexandre Jorodowsky et des dizaines d'autres.

Le but de cette marche tel qu'il est énoncé :

Dénoncer la situation mondiale dangereuse, sans issue : la guerre nucléaire serait en effet la plus grande catastrophe de l'histoire humaine.

Donner la parole à la majorité des citoyens du monde, car ils rejettent les guerres et la course à l'armement.

 Obtenir l’abandon des armes nucléaires ; le retrait des territoires occupés ; la réduction progressive et proportionnelle des armes conventionnelles ; la signature de traités de non-agression entre pays ; l’engagement des gouvernements à renoncer aux guerres comme moyen de résoudre les conflits.

Informer les individus et les peuples sur les diverses formes de violence (économique, raciale, sexuelle, religieuse, ethnique) cachées et déguisée par ceux qui les provoquent.

Sensibiliser les populations à la non-violence, comme méthodologie d’action, afin de créer de nouveaux comportements personnels et collectifs.

Créer une conscience globale, comme il en a été pour l’écologie et qui ouvre la voie à une véritable nécessité de paix et de non-violence et un rejet total de tous types de violence.

En ce qui me concerne, je marche.

L'idée qu'on se fait de la guerre est bien souvent à la fois édulcorée et fataliste. Le bruit court que la guerre est une nécessité. Ce bruit a couru dans la bouche des partisans de la guerre depuis des sièces, voire des millénaires. L'idée que la guerre est une nécessité humaine et géopolitique est une absurdité ,qui sert ceux qui s'enrichissent sur le dos des morts et des blessés qui jonchent les champs de bataille, bien souvent pour des guerres dont le motif leur échappe complétement.

L'idée d'une force de dissuasion qui maintiendrait la paix m'a toujours déplue et je n'y crois pas. Le nombre de conflits dans le monde à l'heure actuelle montre bien que l'escalade ne s'arrête pas. Le fait que depuis 1940 la France ne soit pas sujette à un conflit dans l'hexagone lui-même ne signifie pas qu'elle n'est pas partie prenante dans plusieurs guerres, ni qu'elle est à l'abri d'un conflit futur, ni que c'est la force de dissuasion qui la protège.

La volonté de pays non-démocratiques de posséder l'arme atomique est pour moi une conséquence directe de cette politique de la "dissuasion".

J'en parlais hier dans le train avec un ancien sous-marinier qui avait travaillé 4 ans dans un sous-marin nucléaire. L'idée que je lui présentais le rendait un peu nerveux. Il avait été "éduqué" à penser que grâce à lui et à son travail comme second dans un sous-marin contenant de nombreuses têtes nucléaires (chacune de nombreuses fois plus puissante que la bombre d'Hiroshima), la France était sauve. Ce gars était maintenant persuadé que tout cela était vain, parce que la planète était à la merci d'une météorite. A trop cotoyer la guerre et la possibilité d'une destruction massive, on perd son goût de la vie, semble-t-il.

Quoi qu'il en soit cette marche est une initiative que je pense digne de soutien. Les hommes sains d'esprit n'aiment pas la guerre. Car ils n'aiment pas voir des gens mourir dans des conflits qui sont créés de toutes pièces par d'autres qui ne sont ni dans un camp, ni dans l'autre, mais qui s'engraissent en faisant penser que la guerre est un mal nécessaire.

D'ailleurs, il manque bien souvent une chose dans les tentatives de médiation : la recherche et l'identification de celui qui a intérêt à ce que le conflit existe et perdure, et attise la flamme de la vengeance chez les combattants des deux parties.

C'est vieux comme le monde, mais un jour peut-être pourrons-nous dire "c'est vieux" tout court.

Et j'espère qu'en novembre nous serons nombreux à marcher pour la paix.

Par Roseau - Publié dans : Conflits - Communauté : Pour un monde meilleur
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 01:50
Dans sa Prison de Fresne, voilà maintenant 6 ans qu’Yvan Colonna est incarcéré.

J’ai volontairement laissé passer un peu de temps suite à l’annonce de sa condamnation en appel pour reparler de ce procès avec les idées claires.

Que reste-t-il aujourd’hui ?

D’abord, le silence de la majorité des politiciens après cette démonstration d’une justice qui n’a pas fait preuve du plus grand professionnalisme. Un silence ponctué de quelques déclarations comme celle de François Hollande, qui s’insurge du rapprochement entre Yvan Colonna et Dreyfus, ou celle de Rachida Dati qui se refuse à tout commentaire face à une décision souveraine. La justice a tranché.

Quelques journalistes, tels Philippe Madelin et Jean-Michel Aphatie, continuent de relater les errements de ce procès et d’en rappeler le doute qu’il a laissé dans les esprits.

La décision d’ajouter les 22 ans de sûreté à la condamnation initiale est apparue comme la concrétisation d’un esprit de vengeance, un message de punition pour une attitude jugée trop agressive de la part de l’accusé et de ses avocats. Beaucoup ont fait remarquer qu’aucun élément à charge ne s’étant rajouté dans cette seconde instance, il n’y avait aucune raison de durcir la peine. Quant à l’attitude des avocats d’Yvan Colonna, le Bâtonnier de Paris, Christian Charrière-Bournazel, en a pris la défense en des termes très clairs : "Nous ne sommes pas avocats pour nous-mêmes, mais pour ceux qui nous appellent à l’aide. Qu’ils refusent d’être défendus est leur droit. Notre devoir nous impose de respecter leur décision. La Convention de sauvegarde des droits de l’homme dispose que toute personne traduite en justice a le droit de se défendre seule ou de recourir à l’assistance d’un avocat. Elle a le droit de garder le silence, de refuser de comparaître. Ses choix lui appartiennent. Je n’accepterai jamais que l’on impose un avocat à qui n’en veut pas, comme s’il était l’alibi d’une juridiction que l’accusé récuse". "La presse annonce des poursuites contre les avocats qui refusent d’être commis d’office. J’entends en ce cas être le premier poursuivi". Il encouragera en outre les juges à "s’interroger sur les raisons de la rupture".

L’annonce de l’écartement du Juge Wacogne des cours d’assises à partir de septembre a créé une petite polémique et s’il elle n’a pas été annoncée comme un désaveu par le Premier président de la cour d’appel, elle ajoute à ce sentiment d’échec de la justice dans ce procès Colonna.

Puis, une semaine après le verdict, une refonte du système des assises est à l’étude. C’est une commission dirigée par Philippe Léger et mandatée par Nicolas Sarkozy qui a la charge d’examiner et de réformer les assises. Me Gilles-Jean Portejoie, membre de la commission, remet déjà en question l’intime conviction, cette conviction qui permet au juge de prononcer son verdict sans avoir à le justifier (à en donner les raisons). Me Thierry Herzog, également membre de la commission, de renchérir : « L’absence de motivation est un problème pour tout le monde. Y compris pour la personne condamnée, en cas d’appel. » Malheureusement un peu tard pour Yvan Colonna qui ne put que subir l’intime conviction de la cour spéciale, sans en connaître les motivations.

Il nous reste en mémoire les différentes "bavures" du procès, les mensonges prouvés des policiers, les témoins oculaires qui affirment qu’il n’est pas le tireur, les pistes éludées alors qu’on commençait à peine à comprendre la raison de la dénonciation initiale d’Yvan Colonna par les membres du commando, le discrédit jeté sur les témoins qui n’allaient pas dans le sens de l’accusation, le retournement passé presque inaperçu de la Juge Levert qui a finalement reconnu que pour elle il n’y avait que deux personnes et non trois sur le lieu même du crime, innocentant ainsi Yvan Colonna... à son corps défendant, etc.

La mobilisation en Corse a été très importante, pour réclamer une justice équitable. Les débordements d’une centaine ne doivent pas prendre le pas sur les milliers qui ont manifesté dans le calme pour dire leur indignation. Les casseurs sont pour moi le jeu d’une récupération politique honteuse, et sont ensuite récupérés par les ennemis des premiers récupérateurs pour faire oublier le fond du débat. Les violences, d’un coté comme de l’autre, sont inacceptables. Et c’est la responsabilité de chacun de faire en sorte qu’elles ne se produisent plus.

Le pourvoi en cassation a été déposé, et il n’y a aucune raison qu’il n’aboutisse pas, au vu des incohérences et errances du procès en appel. Aucune raison qu’il n’aboutisse pas... d’ici 8 à 12 mois. En attendant, Yvan est toujours en prison. Et en ce 7 avril 2009, il fêtera ses 49 ans, en prison. De nombreuses personnes en Corse et ailleurs allumeront dans la nuit une bougie pour témoigner leur affection à un homme qu’ils croient innocent et qui purge la peine maximale. Je n’aurais certainement pas le coeur à allumer une bougie pour un homme qui en aurait assassiné un autre de trois balles dans la nuque un soir de concert. Et ce soir, j’allumerai moi aussi une bougie que je placerai à ma fenêtre.
Par Roseau - Publié dans : Justice - Communauté : Le coin des libres penseurs
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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 01:49
Il se produit parfois des choses étranges. Qui est ce 11ème Panchen Lama qui proclame que "la Chine connaît l'harmonie culturelle, la stabilité et la tolérance religieuse" lors d'un forum bouddhiste à Wuxi, dans l'est de la Chine. C'est le même qui depuis récemment a régulièrement des propos très durs à l'égard du Dalaï Lama. Sorti d'un chapeau ?

Pourtant, les deux sont tibétains, de la branche bouddhiste tibétaine des Guelugpas (bonnets jaunes). Le Panchen Lama se situe juste après le Dalaï-Lama dans le système hierarchique tibétain.

On peut se demander comment, alors que le dernier rapport de Human Rights Watch est très sévère à l'égard de la politique chinoise envers les tibétains (et très critique sur la situation des droits de l'homme en Chine fin 2008, malgré les promesses faites aux instances internationales), on se retrouve avec un Panchen Lama complétement dévoué à la propagande du Parti Communiste gouvernant.

Bien sûr, le gouvernement chinois, soucieux de se refaire une image, aurait pu s'allier à un Panchen Lama qui aurait partagé les mêmes idées que lui, ou aurait été payé pour ses propos, voire aurait été intéressé dans le dénigrement du Dalaï Lama, qui après tout est son supérieur hierarchique chez les Guelugpas.

Mais l'histoire est un peu plus sordide que cela.

En fait, l'actuel Panchen Lama est ce que l'on pourrait appeler un imposteur, si nous n'avions pas peur d'entrer dans une polémique qui parfois nous dépasse.

Choekyi Gyaltsen, le 10ème Panchen Lama meurt en 1989, trois jours après un discours de soutien au Dalaï Lama qui avait fort déplu au Gouvernants du PCC. Mort d'une crise cardiaque pour les uns, empoisonné pour les autres.

Les recherches commencent alors pour découvrir qui sera la réincarnation du Panchen Lama, selon la tradition tibétaine. Le tibétain chargé par le PCC de découvrir l'enfant, Chadrel Rinpoché, découvre en 1995 le jeune Gendhun Choekyi Nyima (6 ans) qui déclare être sa réincarnation, et passe les tests traditionnels qui confirment son identité. Chadrel prévient en cachette le Dalaï Lama, qui après examen le reconnait officiellement comme le 11ème Panchen Lama. Et là, tout s'emballe. Le Parti Communiste Chinois, apprenant cela, enlève l'enfant et ses parents qui n'ont jamais reparu depuis lors. Il arrête et emprisonne Chadrel pour avoir communiqué avec le Dalaï Lama.

Et quelques mois plus tard, Pekin organise à Lhassa (capitale du Tibet) un tirage au sort pour désigner leur propre candidat, Gyancain Norbu, qui porte encore aujourd'hui le titre de 11ème Panchen Lama... il a maintenant 19 ans.

Pendant un an la Chine avait refusé de reconnaître son lien avec l'enlèvement du véritable Panchen Lama. Puis elle a reconnu l'avoir enlevé "pour son bien" et n'a jamais dévoilé d'informations permettant de le retrouver. Malgré les demandes du Comité des Droits de l'Enfant de l'ONU, et de Mme Asma Jahangir, Rapporteur Spécial sur la liberté de religion ou de croyance du Conseil des droits de l'homme des Nations unies.

Vous me direz, un gouvernement comme celui de la Chine n'a pas vraiment de comptes à rendre... Il n'empêche que cet enfant fut le plus jeune prisonnier politique du monde.

Il ne s'agit pas ici d'engager un combat anti-chinois qui n'a aucun intérêt, ni même d'apporter du bois au feu de la polémique sur l'indépendance du Tibet, voire même de penser qu'on pourrait boycotter un pays comme la Chine et que cela aurait l'impact voulu.

Mais on ne peut fermer les yeux sur le totalitarisme et les exactions du gouvernement chinois. La propagande du Parti Communiste Chinois me donne souvent la nausée. Je pourrais tomber dans le panneau s'ils faisaient leurs relations publiques sur un changement récent dans leur politique. Encore faudrait-il en voir des preuves et les différents rapports des organisations de surveillance et de respect des droits de l'homme semblent plutôt dire le contraire. Mais lorsque j'entends que "50 ans de démocratie chinoise ont sorti le Tibet de son ignorance"... Je me dis qu'on se fout de ma gueule.

Et je plains de tout mon coeur le Panchen Lama du gouvernement chinois, voué à une cause qui n'a que faire de la spiritualité bouddhique, et utilisé à des fins de propagande pour un pays où la religion, si elle est autorisée aujourd'hui, doit avoir reçu le tampon du parti pour ne pas être "illégale".

Quant au véritable Panchen Lama, je prie pour qu'il ait gardé sa joie et puisse un jour, vite, retrouver son pays et son peuple.

Par Roseau - Publié dans : Totalitarisme - Communauté : Pour un monde meilleur
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