Fables

Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 01:03

l-agneau-l-homme-et-le-loup.jpg En voici une nouvelle, tirée du livre sacré et inédit et uniquement en ma possession "E Favule di Roseau" (Les Fables de Roseau) qui sied bien à cette période pascale  :

 

Un homme rencontra au détour d’un bosquet

Un loup et un agneau qui sévères l’attendaient

L’agneau nommé Pascal et le loup « Loup pour l’homme »

L’arrêtèrent d’un geste lui disant « qui nous sommes ? »

 

Je suis l’agneau Pascal et voici « Loup pour l’homme »

Je suis venu te voir car les vents ont tourné

Je dois te sacrifier homme parmi les hommes

De mon peuple mouton les fautes vas expier

 

Tu rachèteras donc de ta mort nos péchés

Et nous fêterons Pâques en te chérissant dru

Le loup ici présent est là pour t’égorger

Et ton sang récolté sera un très bon cru

 

L’homme bien étonné répondit à l’agneau

Tu n’as pas de pêchés ce sont les hommes qui

de vous avoir tués toutes ces années par lots

sont pêcheurs patentés aux yeux de l’infini

 

C’est pourquoi chaque année, nous devons sacrifier

Tes frères les agneaux pour pouvoir nous racheter

de tous les sacrifices de notre long passé

Et jusqu’au bout des temps cela doit continuer

 

Mais vous les bons agneaux n’avez rien à expier

Vous ne faites de mal qu’à quelques herbes folles

On vous dit doux et purs restez-le dans vos prés

Dieu vous a voulu tels de ses cieux à son sol

 

L’agneau en souriant répondit hardiment

Tu te trompes l’ami nous les agneaux moutons

Avons de grands péchés glanés au fil du temps

Et voici le moment où nous les assumons

 

Nous être laissés faire, sacrifier, égorger

Chaque année bêtement comme de gentils moutons

Est crime contre nature que nous devons expier

Afin de retrouver un plus bel horizon

 

Ainsi tu vas mourir pour le bien des agneaux

Car les temps ont changé les rôles sont inversés

Mes frères ont décidé de ne plus être idiots

Et d’avoir droit aussi au Dieu de leurs pêchés

 

Le loup égorgea l’homme qui en fut bouche bée

Puis se dit finalement, le mouton a du bon

Il attrapa l’agneau et n’en fit qu’une bouchée

Et solitaire repu rentra à la maison

 

Ainsi pour conjurer un sort millénaire

Que le mal tue le mal on ne peut espérer

La vengeance est un plat qui tue la cuisinière

Et de mauvais augure est le sang ci-versé

 

 
 
Je sais, cette fable finit plutôt mal et assez abruptement. Mais que voulez-vous, la vie est parfois ainsi faite.
Par Roseau - Publié dans : Fables - Communauté : Pour un monde meilleur
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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 00:57
du-loup-du-bouc-et-de-l-agneau.jpg J’adore la fable. Tout le monde y trouve son compte, et elle est d’application large. On peut découvrir à loisir ce que chacun en retirera, les exemples réels qu’il fera coller à l’imaginaire du texte. Bref, la fable, c’est un must pour faire que même les animaux apprennent aux humains à se regarder, et peut-être à modifier leurs choix.
 
Quoi qu’il en soit, j’ai en ma possession un recueil de fables qui remontent certainement au début des temps (bien avant Esope, La Fontaine et Paul-Loup Sulitzer), E Favule Di Roseau. Voici donc la première, en exclusivité pour Agoravox, Le Bouc et le Sanglier.

Un bien vieux bouc tant barbu que cornu
Tenait en possession un bien curieux trésor
L’arbre en question trésor de bois feuillu
Était un olivier riche d’un savoir en or

Tous les secrets du monde glanés au fil des âges
Résidaient en son sein accessibles au toucher
Et notre bouc à barbe en gardait l’apanage
En gardien inflexible de son arbre sacré

Un jour un sanglier aborda le cornu
Et lui dit en grognant et sans faire trop d’ambages
O bouc va be* ? Pourquoi ne donnes-tu
Un peu de ce savoir à nous autres en partage ?

Nous pourrions le transmettre aux autres troncs de l’ile
Nous voyageons beaucoup et nos hardes nombreuses
Se chargeraient peut-être de ce fardeau utile
Qu’est la propagation de la parole heureuse

Le bouc au pied du mur, de l’arbre, s’empourpra
Mais tu ne comprends pas, dit-il au sanglier
Ce savoir est sacré et les puissants l’aiment pas
Le risque serait grand d’oser le divulguer

On saurait promptement que j’en suis détenteur
source de diffusion gardien de sa pureté
Je ferais les gros titres et vivrais dans la peur
Voire même je finirais par être emprisonné

Je le garde avec moi le distille au compte goutte
N’attire pas l’attention garde le profil bas
Ainsi il est intact alors passe ta route
C’est un arbre sacré gardons le bien comme ça

Le Sanglier partit grommelant et déçu
Et la vie du gardien reprit son cours tranquille
A l’ombre du savoir quasiment absolu
De l’olivier noueux sans se faire trop de bile

Mais cependant un jour une étrange équipée
Arriva à l’orée de l’oliveraie sauvage
Dix-sept bulldozers de pelleteuses armés
Prêts à déraciner les oliviers si sages

Le bouc terrorisé cria à l’aide, au secours
Une harde passa avec le sanglier
dont nous avons parlé et mille têtes autour
Aux cris du bon vieux bouc ils cessèrent de marcher

Les anciens tinrent conseil pour savoir, décider
Prendre une position et poser la question
Si le bouc il fallait laisser ou bien aider
Mais notre sanglier déclara aux barbons

Ce vieux bouc est sympa mais de son grand savoir
Je n’en sais pas assez pour bien oser risquer
La vie de notre harde sous les coups de boutoir
Des humains inconscients qui vont tout décimer

Les sangliers partirent et l’arbre fut coupé
Le bouc fut emporté dans les tas de gravats
Puis pour tout couronner il fut emprisonné
Pour avoir tant caché ce qu’on ne savait pas

Ainsi le bon savoir ne se garde enfermé
Que si l’on veut mourir ou être emprisonné
Et la peur du puissant mène droit au bucher
que par cette même crainte on souhaitait éviter
 
 

*O Monsieur le Bouc, allez-vous bien ? (NdT)

 

 

 

Par Roseau - Publié dans : Fables - Communauté : Pour un monde meilleur
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